Le Seuil
Vous n'avez peut-être jamais rien lu sur la spiritualité. Vous n'avez peut-être aucun mot pour ce qui vous a mené jusqu'ici. C'est très bien ainsi. On n'entre pas dans ce voyage en sachant — on y entre en cherchant.
Ce qui suit n'est pas un cours. C'est une traversée. Sept haltes, lentes, où l'on ne vous demandera rien d'autre que de reconnaître, peut-être, quelque chose que vous portez déjà.
Chacun arrive par sa propre porte.
Toutes ces portes donnent sur le même couloir. Car au fond de la douleur comme au fond de la beauté, il y a la même chose : le sentiment d'être séparé. Séparé d'un autre, de soi, d'un sens — ou d'on ne sait quoi.
Or toute la sagesse vers laquelle nous allons tient en une intuition renversante : et si cette séparation que vous ressentez n'était pas la vérité dernière, mais un voile ? Et si, sous ce qui change, ce qui blesse, ce qui passe, demeurait en vous quelque chose qui n'a jamais été séparé de sa source — une essence, intacte, qui vous attend ?
Le soufisme — ce courant intérieur de l'Islam — n'a pas d'autre objet que celui-là : apprendre à voir l'Un sous le multiple, et à rentrer chez soi sans avoir bougé. Mais il ne le dit jamais comme une théorie. Il le fait chanter, raconter, goûter. C'est ce que nous allons traverser, ensemble, pas à pas.
Prenez votre temps. Vous pouvez vous arrêter à chaque halte et revenir. Au bout du chemin, vous reviendrez à l'accueil — mais vous ne le verrez plus de la même manière.