Frithjof Schuon Du divin à l'humain

مِنَ الإِلٰهِيِّ إِلَى البَشَرِيّ

Du divin à l'humain

Frithjof Schuon · 1981

Comment la Réalité absolue se déploie en l'homme — la métaphysique vue depuis l'expérience.

Le geste central

Le titre donne tout : du divin à l'humain. Schuon ne part pas de l'homme (psychologie, anthropologie, expérience subjective) pour remonter à Dieu — méthode qu'il juge intrinsèquement bornée. Il part de l'Absolu et descend jusqu'à l'homme. C'est la méthode traditionnelle : on ne comprend l'homme qu'à partir de ce qui le dépasse, jamais à partir de lui-même.

Mais — et c'est ce qui fait la particularité de ce livre — Schuon part d'une expérience que l'homme connaît immédiatement : le miracle de la subjectivité. Le fait même qu'il y ait une conscience qui dit « je » dans l'univers est, pour Schuon, la preuve la plus directe de Dieu — bien avant toute démonstration cosmologique ou ontologique.

Les concepts-clés (vulgarisés)

L'architecture de l'ouvrage

Première partie · Subjectivité et connaissance

Le fondement. Trois études sur la conscience comme preuve théophanique de Dieu : Conséquences découlant du mystère de la subjectivité, Aspect du phénomène théophanique de la conscience, Transcendance n'est pas contre-sens.

Deuxième partie · Ordre divin et universel

Le cœur métaphysique. Trois études sur la structure de la Réalité : Le jeu des hypostases (l'Absolu-Infini-Perfection), Le problème de la possibilité, Structure et universalité des conditions de l'existence.

Troisième partie · Formes de l'esprit

L'application à l'homme. Quatre études : Esquisse d'une anthropologie spirituelle, Le message du corps humain, Le sens du sacré, et Refuser ou accepter la révélation. Le livre se ferme sur la question existentielle décisive.

Quelques voix

« La vérité du cogito ergo sum cartésien est, non qu'il présente la pensée comme la preuve de l'être, mais simplement qu'il énonce la primauté de la pensée — donc de la conscience ou de l'intelligence — par rapport au monde matériel qui nous entoure. » Du divin à l'humain, chap. I
« Le Bien — selon la formule augustinienne — tend essentiellement à se communiquer ; étant le Souverain Bien, l'Absolu-Infini ne peut pas ne point projeter le monde. » Le jeu des hypostases
« Au sommet de la pyramide ontologique — ou plutôt au-delà de toute hiérarchie — nous concevons l'Absolu, lequel comporte par définition et l'Infinitude et la Perfection. » Esquisse d'une anthropologie spirituelle

Pour le lire

C'est peut-être le livre le plus systématique de Schuon — celui qui résume sa métaphysique en quelques traités denses. Les chapitres sur la subjectivité (1ère partie) sont d'une actualité philosophique frappante : Schuon y règle son compte au matérialisme moderne en quelques pages, sans jamais se mettre au niveau de ses adversaires.

À lire après L'œil du cœur et Sentiers de gnose, qui en posent le vocabulaire. À méditer surtout par strates : ce livre ne se lit pas en continu, mais une étude à la fois, avec retour. Le chapitre Le sens du sacré est un sommet de l'œuvre tardive et peut se lire seul.

Résonances