Né à Alexandrie vers 1259, formé d'abord dans les sciences religieuses classiques — exégèse, droit, ḥadīth — il rencontre vers ses vingt ans Abū al-ʿAbbās al-Mursī, le maître de la voie shādhilie à Alexandrie. Cette rencontre bascule sa vie. Il devient son disciple direct, puis son héritier spirituel.
Il enseignera à al-Azhar au Caire jusqu'à sa mort en 1309. Son tombeau y est encore visité.
Abū al-Ḥasan al-Shādhilī (m. 656/1258)
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Abū al-ʿAbbās al-Mursī (m. 686/1287)
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Ibn ʿAṭāʾ Allāh al-Iskandarī (m. 709/1309)
Trois maîtres, une silsila qui devient l'épine dorsale de la voie. Une attention portée à la sobriété, au shukr, à l'adab, et au compagnonnage vivant — non à l'éclat des miracles ou au retrait du monde.
كتاب الحكم
Kitāb al-Ḥikam — Le Livre des sagesses
L'œuvre la plus connue. 264 aphorismes brefs (selon l'édition retenue), répartis en 24 chapitres, suivis de quatre lettres et des Munājāt. Une parole compacte, à relire toute une vie sans s'épuiser.
التنوير في إسقاط التدبير
al-Tanwīr fī Isqāṭ al-Tadbīr — L'illumination dans l'abandon du faux gouvernement de soi
Le traité fondateur sur la confiance active : ne pas rivaliser avec les décrets divins, ne pas confondre responsabilité et agitation.
لطائف المنن
Laṭāʾif al-Minan — Les subtilités des dons
Récit vivant de la voie shādhilie : enseignements et dons d'Abū al-ʿAbbās al-Mursī et de son maître Abū al-Ḥasan al-Shādhilī. Une initiation par la transmission.
Sept siècles après, ses sagesses parlent toujours — à l'anxiété, au contrôle, au besoin de prévoir, à la fatigue, à la colère, à la tentation de se croire la cause de ce qui pousse. Sa voie n'est pas un système ; c'est une attention. Une attention au moment, au geste, à la parole, à ce qui dépend de soi — et à ce qui ne dépend pas.