L'amour comme voie. La parole consumée par sa propre flamme.
Il naît à Balkh, dans le Khorassan oriental, vers 1207. Vers 1219, fuyant l'avancée des Mongols qui ravageaient l'Asie centrale, la famille prend la route de l'exil — Nichapour, Bagdad, La Mecque, Damas, et enfin Konya, capitale du sultanat seldjoukide d'Anatolie.
وُلِدَ في بَلْخ، في خُرَاسَان الشَّرْقِيَّة، نَحْوَ سَنَة ١٢٠٧. وَفي حَوَالَيْ سَنَة ١٢١٩، هَرَبًا مِنْ زَحْفِ المَغُول الَّذي كانَ يَكْتَسِحُ آسِيَا الوُسْطَى، أَخَذَتِ العَائِلَة طَرِيقَ المَنْفَى — نَيْسَابُور، بَغْدَاد، مَكَّة، دِمَشْق، وَأَخِيرًا قُونْيَة، عَاصِمَة سَلْطَنَة سَلَاجِقَة الرُّوم.
En 1244 — Rûmî a trente-sept ans — un derviche errant arrive à Konya. Il s'appelle Shams al-Dīn al-Tabrīzī, le « Soleil de Tabriz ». Vieil homme rude, sans école, sans diplôme, sans confrérie. La rencontre est foudroyante. Les deux hommes se retirent ensemble plusieurs mois — Rûmî délaisse ses cours, ses livres, sa famille. Quelque chose, en lui, est en train de mourir.
في سَنَة ١٢٤٤ — وَلِلرُّومِي سَبْعَة وَثَلَاثُون عَامًا — وَصَلَ دَرْوِيش جَوَّال إِلى قُونْيَة. كانَ اسْمُهُ شَمْس الدِّين التَّبْرِيزِي، « شَمْس تَبْرِيز ». شَيْخ صَلْب، بِلَا مَدْرَسَة، بِلَا شَهَادَة، بِلَا طَرِيقَة. كانَ اللِّقَاء صَاعِقًا. اِنْعَزَلَ الرَّجُلَان مَعًا أَشْهُرًا عَدِيدَة — أَهْمَلَ الرُّومِي دُرُوسَهُ، كُتُبَهُ، عَائِلَتَهُ. شَيْءٌ مَا فِيهِ كانَ يَمُوت.
J'étais cru, j'ai été cuit, puis calciné.
كُنْتُ نَيِّئًا، صِرْتُ مَطْبُوخًا، ثُمَّ مُحْتَرِقًا.
— Rûmî, après sa rencontre avec Shams
De cette perte naîtra la poésie. Le savant juriste devient un torrent de paroles. Le Mathnawī, surnommé « le Coran persan », comprend 25 000 distiques en 6 livres. Le Dīvān-i Shams-i Tabrīzī contient plus de 40 000 vers — tous signés du nom de l'ami perdu.
مِنْ هٰذَا الفَقْدِ سَيُوْلَدُ الشِّعْر. تَحَوَّلَ العَالِمُ الفَقِيهُ إِلى سَيْلٍ مِنَ الكَلِمَات. اَلْـمَثْنَوِيّ، المُلَقَّبُ بِـ « قُرْآن فَارِسِيّ »، يَضُمُّ ٢٥،٠٠٠ بَيْتٍ في سِتَّةِ كُتُب. وَدِيوَان شَمْس التَّبْرِيزِيّ يَحْوي أَكْثَرَ مِنْ ٤٠،٠٠٠ بَيْتٍ — كُلُّهَا مُمَهَّرَة بِاسْمِ الصَّدِيقِ الضَّائِع.
Notre mort, c'est nos noces avec l'éternité.
Quel est son secret ? « Dieu est un. »
مَوْتُنَا هُوَ عُرْسُنَا مَعَ الأَزَل.
مَا سِرُّهُ؟ « الله وَاحِد ».
— Rûmî · Dîvân